lundi 5 septembre 2011

Hygiène du corps au Moyen Age


L'article qui suit est issu du document : Hygiene_et_cosmetique.pdf

L’importance du bain

Contrairement à la croyance couramment répandue d’absence d’hygiène au Moyen-âge, on retrouve à travers de nombreux documents d’époque –des traités de médecine jusqu’aux fabliaux- l’importance du bain et de l’eau dans la Société médiévale.
Les jeunes enfants, en particulier, font l’objet de lavages quotidiens : Le bain est donné « quand l'enfant aura assez dormi, ci le doit-on laver trois fois par jour» (Barthélemy l'Anglais, XIIIe siècle, Vincent de Beauvais, Aldébrandin de Sienne, XIe siècle). « On le baigne et oint pour nourrir la chair nettement » (Barthélemy l'Anglais, Livre des propriétés des choses).
Les adultes ne sont pas en reste et, si le lavage quotidien se limite aux parties du corps exposées (mains, visage), le bain fait partie intégrante de la vie au XIVe siècle. Seul le bain chaud peut « expulser l'ordure que la nature cache par les pertuis de la chair » (Aldébrandin de Sienne, XIe siècle). Chaque quartier dispose alors de ses bains publics ou étuves (il est plus facile d’aller aux bains publics que de prendre un bain chez soi).


Les étuves - Le livre de Valère Maxime, XVe siècle Paris,
BNF, Arsenal, manuscrit 5196 fol. 372

Les étuves

A Paris, en 1292, on dénombre 27 étuves pour environ pour 250 000 habitants. Et cette mode va s’amplifier encore au XIVe. Au début du XVe siècle, Dijon, Digne, Rouen, Strasbourg et même Chartres sont équipées de bains.
Le prix d’un bain est non négligeable : il est à peu près équivalent à celui de quatre grosses miches de pain en 1380 à Paris. Les plus pauvres se borneront donc à se laver dans les rivières.
Au XIIIe siècle, ces étuves se résument à des bains d’eau chaude. Elles évoluent ensuite et on fait bientôt la différence entre bains, étuves sèches (envoi d’air chaud dans une pièce fermée) et étuves humides (envoi de vapeur d’eau dans une pièce fermée). Aller aux étuves devient un plaisir.
Les baquets d’eau étant en bois, on utilise un drap de lin blanc pour éviter aux baigneurs de se mettre des échardes. Ces draps, changés entre deux clients, vont également servir à « filtrer » l’eau –l’eau n’étant pas changée pendant la journée.
Dans les bains publics, la mixité et la nudité fait partie des moeurs. Si on n’y voit aucune malice au XIIe siècle, l’évolution de la Société amène au développement de la prostitution dans les villes. Les étuves deviennent alors un lieu plaisir dans tous les sens du terme : les salles du rez-de-chaussée sont réservées aux bains et on trouve dans les étages des chambres à coucher. Les miniatures de la fin du XIVe et du XVe siècle s’attardent d’ailleurs plus sur l’aspect libertin des étuves que sur l’aspect hygiénique…
Ces excès amènent, à la fin du XVe siècle, à l’instauration des étuves non mixtes, ou en 1412, à l’instauration de jours d’ouverture pour les hommes uniquement et d’autres jours pour les femmes.


Le savon

Il existe au Moyen Age plusieurs types de savon : à base d’huile ou de graisse, animale ou végétale.
Le savon gallique est fait à base de cendre (de saponaire ou de hêtre) et de suif (souvent de chèvre), c’est un savon assez rudimentaire et peu cher.
Le savon d’Alep, à base d’huile d’olive, est un produit d’importation et donc un produit plus cher et inaccessible pour les couches basses de la population.
Marseille, port de commerce, produit également son savon à partir des huiles importées. Au XIVe siècle environ apparait le premier « savon de Marseille » tel qu’on le connait encore aujourd’hui.
On peut aussi noter l’utilisation d’une plante appelée saponaire, une herbacée à fleurs roses dont le suc, dissout dans l'eau, mousse : les racines sont bouillies pour en extraire les principes actifs, les tiges concassées et mélangées à l’eau de lavage pour en extraire le suc.

Saponaire Officinale (Saponaria Officinalis)
Image issue de Wikipédia

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