dimanche 29 janvier 2012

Résumé de mes recherches sur le Costume Rus

Suite à mes recherches sur le costume féminin Rus(ou Ruthénien) au XIe siècle, j'ai créé un résumé téléchargeable ici : Costume_Rus.pdf


Les thèmes abordés sont:

1. Chemise (Rubakha/Sorochka)
2. Jupe (Poneva/Panova)
3. Tunique (Navershnik)
4. Cape
5. Coiffe (Povoinik, Ubrus…)
6. Bracelets et bagues
7. Cols amovibles
8. Amulettes et autres bijoux
9. Décorations
10. Chaussures
11. Liens et livres sur le sujet

Bonne lecture !

lundi 5 septembre 2011

Hygiène du corps au Moyen Age


L'article qui suit est issu du document : Hygiene_et_cosmetique.pdf

L’importance du bain

Contrairement à la croyance couramment répandue d’absence d’hygiène au Moyen-âge, on retrouve à travers de nombreux documents d’époque –des traités de médecine jusqu’aux fabliaux- l’importance du bain et de l’eau dans la Société médiévale.
Les jeunes enfants, en particulier, font l’objet de lavages quotidiens : Le bain est donné « quand l'enfant aura assez dormi, ci le doit-on laver trois fois par jour» (Barthélemy l'Anglais, XIIIe siècle, Vincent de Beauvais, Aldébrandin de Sienne, XIe siècle). « On le baigne et oint pour nourrir la chair nettement » (Barthélemy l'Anglais, Livre des propriétés des choses).
Les adultes ne sont pas en reste et, si le lavage quotidien se limite aux parties du corps exposées (mains, visage), le bain fait partie intégrante de la vie au XIVe siècle. Seul le bain chaud peut « expulser l'ordure que la nature cache par les pertuis de la chair » (Aldébrandin de Sienne, XIe siècle). Chaque quartier dispose alors de ses bains publics ou étuves (il est plus facile d’aller aux bains publics que de prendre un bain chez soi).


Les étuves - Le livre de Valère Maxime, XVe siècle Paris,
BNF, Arsenal, manuscrit 5196 fol. 372

Les étuves

A Paris, en 1292, on dénombre 27 étuves pour environ pour 250 000 habitants. Et cette mode va s’amplifier encore au XIVe. Au début du XVe siècle, Dijon, Digne, Rouen, Strasbourg et même Chartres sont équipées de bains.
Le prix d’un bain est non négligeable : il est à peu près équivalent à celui de quatre grosses miches de pain en 1380 à Paris. Les plus pauvres se borneront donc à se laver dans les rivières.
Au XIIIe siècle, ces étuves se résument à des bains d’eau chaude. Elles évoluent ensuite et on fait bientôt la différence entre bains, étuves sèches (envoi d’air chaud dans une pièce fermée) et étuves humides (envoi de vapeur d’eau dans une pièce fermée). Aller aux étuves devient un plaisir.
Les baquets d’eau étant en bois, on utilise un drap de lin blanc pour éviter aux baigneurs de se mettre des échardes. Ces draps, changés entre deux clients, vont également servir à « filtrer » l’eau –l’eau n’étant pas changée pendant la journée.
Dans les bains publics, la mixité et la nudité fait partie des moeurs. Si on n’y voit aucune malice au XIIe siècle, l’évolution de la Société amène au développement de la prostitution dans les villes. Les étuves deviennent alors un lieu plaisir dans tous les sens du terme : les salles du rez-de-chaussée sont réservées aux bains et on trouve dans les étages des chambres à coucher. Les miniatures de la fin du XIVe et du XVe siècle s’attardent d’ailleurs plus sur l’aspect libertin des étuves que sur l’aspect hygiénique…
Ces excès amènent, à la fin du XVe siècle, à l’instauration des étuves non mixtes, ou en 1412, à l’instauration de jours d’ouverture pour les hommes uniquement et d’autres jours pour les femmes.


Le savon

Il existe au Moyen Age plusieurs types de savon : à base d’huile ou de graisse, animale ou végétale.
Le savon gallique est fait à base de cendre (de saponaire ou de hêtre) et de suif (souvent de chèvre), c’est un savon assez rudimentaire et peu cher.
Le savon d’Alep, à base d’huile d’olive, est un produit d’importation et donc un produit plus cher et inaccessible pour les couches basses de la population.
Marseille, port de commerce, produit également son savon à partir des huiles importées. Au XIVe siècle environ apparait le premier « savon de Marseille » tel qu’on le connait encore aujourd’hui.
On peut aussi noter l’utilisation d’une plante appelée saponaire, une herbacée à fleurs roses dont le suc, dissout dans l'eau, mousse : les racines sont bouillies pour en extraire les principes actifs, les tiges concassées et mélangées à l’eau de lavage pour en extraire le suc.

Saponaire Officinale (Saponaria Officinalis)
Image issue de Wikipédia

L'article qui suit est issu du document : Hygiene_et_cosmetique.pdf

vendredi 15 juillet 2011

Costume Rus XIe siècle - Navershnik


Navershnik

La Navershnik est une tunique en T ample, arrivant environ au genou. Les manches sont courtes (au coude environ) et larges (description donnée par Stamerov, "Narysy z istorii kostiumiv"). Elle est l’un des vêtements les plus courants pour les classes aisées*

Cette tunique est souvent faite de laine de couleur vive, richement décorée. Des applications ou rubans de soie sont ajoutées sur les ouvertures (col, manches et bas de la tunique). Ces décorations, appelées voshvy, peuvent être brodées, décorées de perles, de sequins de métal précieux …

Détail de voshvy

La navershnik n’est pas ceinturée** donnant ainsi une silhouette imposante et majestueuse aux femmes (silhouette que l’on retrouve d’ailleurs dans certaines tenues Russes traditionnelles modernes)


*Une version dérivée de la Navershnik, la Dalmatique, était réservée aux princesses et aux nobles. Elle arrivait aux pieds et ses manches étaient longues. Les matériaux utilisés et les décorations étaient beaucoup plus riches (brocart de soie, brocart d'or ...)

** Le port d'une ceinture sur la navershnik est sujet à controverse. Il semble plus probable que la ceinture se portait sous la tunique, sur la chemise (rubhakha)

dimanche 24 octobre 2010

Robe Rus XIe siècle




Voilà un petit aperçu de mon projet de costume Rus XIe siècle. Pour le moment, la tunique est en cours de fabrication.








La tenue sera composée de :

- une tunique à manches courtes en drap de laine grenat avec empiècements de soie sauvage jaune d'or aux ouvertures.

- deux chemises au moins (plus on superpose de chemise, plus le niveau social est élevé), la chemise supérieure comportant des manches étroites et très longues (plus longues que le bras, ramenées sur les poignets par des bracelets ou des manchettes de tissu brodées)

- une cape rectangulaire en laine

- une coiffe avec pendeloques métalliques argent

Le cauchemar du reconstituteur...

Depuis quelques jours, je trouve des spécimens d'une sorte de petite larve légèrement poilue dans ma pile de couture en cours. Pas un gros truc non. Juste une petite bestiole sans intérêt.
Et bien non, grossière erreur.
Cette bestiole est le cauchemar du reconstiteur, j'ai nommé l'Anthrène.

Sa larve se nourrit de tout ce qui est d'origine animale: les fourrures, les tissus en laine, en soie, le cuir... et y fait plein de trous... Autant dire que ces bêtes là peuvent ruiner des années d'efforts et de travail sur un beau costume.

Voilà à quoi ça ressemble dans son état larvaire (environ 2mm):




Et voilà l'effet de cet bestiole sur ma poneva en laine.. 3 ou 4 trous aux 5 cm² :



Point crucial : comment on s'en débarrasse ? et comment on s'en prémunit ?

Pour s'en débarrasser :
1- Laver ! tout ce qui peut l'être passe à la machine (y compris ce qui n'est pas mangé par les anthrènes mais qui peut leur servir de refuge comme les housses de couette, les housses de coussins, les couvertures)
2- Congeler ! Ce qui ne peut être lavé, comme les fourrures ou les peaux peut être congelé pendant au minimum 48h (certains conseillent même plusieurs semaines...).
3- Passer l'aspirateur partout ! Bah oui, la poussière c'est confortable. (n'oubliez pas le dessous des matelas, même si le tissu est synthétique et que les larves ne l'attaqueront pas, elles s'en serviront potentiellement comme base arrière)
4- Utiliser de l'insecticide ! Ça pue, il faut s'exiler de chez soi le temps que ça agisse mais aux grands mots les grands remèdes.
Avec ça, on devrait être tranquilles.



Maintenant, pour toi le chanceux qui a vérifié dans ses coffres et qui n'a pas trouvé la diabolique bestiole, comment s'en protéger ?

1- En rangeant les matières sensibles dans de grands sacs congélation avant de les ranger dans le placard.
2- En lavant ou congelant tout nouveau tissu ou toute nouvelle peau acheté.
3- En reconnaissant la version adulte de l'anthrène, une sorte de mini coccinelle couverte de dessins dans des tons beiges-marrons comme ça comme ça ou comme ça et en la mettant dehors immédiatement, histoire qu'elle ne vienne pas pondre sur le joli costume varègue 100% laine. (quand on trouve un adulte, il peut être intéressant de vérifier partout chez soi, que l'insecte en question ne soit pas originaire d'un recoin de la réserve à tissus inutilisés...)

Ces bestioles sont surtout visibles à l'automne, alors c'est le moment de faire le tour de tout ce qui peut être endommagé.

Voilà vous êtes tous prévenus.
Et moi j'ai plus qu'à me refaire une poneva ... le reste ayant été à peu près épargné